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De forme carrée, enjambant la route, avant-garde
et gardienne de la place forte, la Tour Carbonnière
sélève majestueuse et solitaire au milieu
des marais. Les moine de Psalmodi devinrent les premiers
fermiers de la tour à cause du voisinage. Ils veillèrent
à son entretien et à sa conversation. Ils
retirèrent un droit de péage. Ce droit devait
fournir de gros revenus quand on pense que la tour construite
au bout dune longue chaussée, reposant sur
une série de ponts, était le seul passage
pour se rendre à Aigues-Mortes par voie de terre.
Impossible aux voyageurs de léviter, la route
carrossable passant au milieu du monument par une grande
porte ouverte à tous les vents.
Étaient exempts au droit de péage, les habitants
de la cité et leur famille, les officiers du roi,
les personnes nobles, les ecclésiastiques et les
médecins. En 1409, sur la demande des consuls, le
roi établit, sans aucune exception, un droit de péage
dont le revenu devait être affecté à
lentretien de la route et des chaussées.
Par la suite les gouverneurs qui prenaient le titre de
capitaine de la « Tour Carbonnière »,
pour augmenter leurs gages, sarrogèrent plusieurs
fois le droit de péage en sappropriant aussi
les revenus du péage. Les moines de Psalmodi protestèrent.
Ils eurent gain de cause. Les juges confirmèrent
labbaye dans la jouissance exclusive du droit de pêche
le 14 décembre 1450.
Plus tard en 1585, le commandant Bon, capitaine de la tour,
sempara de tous les revenus de la Carbonnière.
Dans ces temps de trouble, les gouverneurs se moquant de
toute récrimination et comptant sur limpunité,
faisaient des larges profits. Toutefois les consuls de la
ville portèrent plainte. Le sieur de Leques prêta
loreille à leurs justes réclamations
et fixa un nouveau droit de péage.
Pendant les luttes religieuses on y laissa des soldats
pour la garder, mais la garnison ne fut jamais nombreuse.
Le roi Henri IV maintint de ses propres deniers à
Aigues-Mortes 150 mortes-payes, sur lesquels dix huit hommes
de guerre étaient destinés à Peccais,
trois à la Tour Carbonnière.
Ce petit nombre devenait insuffisant pour soutenir un siège.
Ceci explique que la tour ait été prise et
reprise tour à tour par les combattants suivant leur
nombre.
Elle fut canonnée par le capitaine Grille et le
chevalier Daïsse après leur fameuse victoire
de Saint Gilles. Les religionnaires, maîtres de la
Tour sen servirent comme de repaire doù
ils sortaient pour rançonner les villages voisins.
Cest ce que nous apprennent les archives locales.
La Carbonnière attaquée de nouveau à
coups de canon, le 18 mars 1642, fut défendue vaillamment
par Mathieu dEnguerran, qui fut tué au commencement
de laction.
Après lère des guerres civiles, une
petite garnison occupa la Tour pendant de longues années,
et la ville fournissait « le bois, lhuile, les
chandelles
». Peu à peu elle fut abandonnée.
Le marquis de Wardes, en se rendant à Aigues-Mortes
dont il était gouverneur, avec le duc et la duchesse
de Rohan, son gendre et sa fille, passa sous la célèbre
tour le soir vers sept heures, le 15 novembre 1682. les
consuls par déférence, « firent éclairer
le cortège avec les torches en cire depuis la Carbonnière
jusquà Aigues-Mortes ».
Il y a encore quarante ans, la route départementale
passait encore au milieu de cette tour solitaire. Le passage
devint trop étroit pour les charrettes et les voitures.
Il fut alors question de la démolir (vers 1870).
Lancien passage fut supprimé et la route contourna
la Tour par deux bras, à droite et à gauche.
La tour fut restaurée en 1859 et devint propriété
de létat. Elle fut cédée à
la ville, puis au génie, ensuite à la ville,
au ministère des Beaux arts et enfin à la
ville de Saint Laurent dAigouze.
sources
Textes: Office
de tourisme d'Aigues-Mortes
Images: ot-camargue.fr;
Collection Guy Morel
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